Aimé Césaire nous a quittés le 17 avril 2008. Ecrivain foisonnant, homme politique engagé, parcours d’une figure emblématique qui aura marqué
son époque de manière indélébile.
Je vous invite à visionner l'itinéraire de notre Poète sur le site de RFO. C'est ici.
Aimé Césaire : Portrait
L’écrivain martiniquais Aimé Césaire est sans doute l’un des plus grands poètes du XXème siècle, dont la vision du monde et l’énergie créatrice
ont marqué à jamais la littérature française et mondiale.
Aimé Césaire, député-maire de
Martinique à son arrivée à Paris dans les années 60 (c) AFP Un élève brillant
Né à Basse-Pointe en Martinique le 26 juin 1913, Aimé Césaire s’affirme très tôt comme un élève brillant. Il est âgé 18 ans quand, détenteur d’une bourse, il débarque à Paris afin de suivre des
études secondaires au lycée Louis le Grand. C’est là qu’il se lie avec le futur président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, au contact duquel il découvre l’Afrique et les musiciens
noirs-américains. Durant cette période, « il se décolonise de l’intérieur », dira-t-il plus tard.
L’Etudiant noir
Avec Senghor, ils redécouvrent la phrase du philosophe allemand Hegel qui affirme que « ce n’est pas par la négation du singulier que l’on va à l’Universel, mais par
l’appronfondissement du singulier ». Et Césaire de conclure : « Tu vois, plus nous serons Nègres, plus nous serons des Hommes ». Admis à l’Ecole normale,
Césaire devient président de l’Association des Etudiants Martiniquais en 1934 et fonde le journal L’Etudiant noir.
Le chemin de la Négritude
Toujours accompagné de Senghor, mais également de Léon-Gontran Damas et de Gilbert Gratiant, il jette pour la première fois les bases du concept de Négritude. Par ailleurs, aux côtés du
Sénégalais Alioune Diop, il est l’un des pères fondateurs des Editions Présence africaine, dont la vocation est de donner un moyen d’expression aux auteurs d’Afrique, des Caraïbes et de l’océan
Indien.
L’homme politique
De retour en Martinique, il est élu député en 1945 sous l’étiquette du Parti communiste français (PCF). Il travaille aussitôt à l’élaboration d’un nouveau statut pour les quatre anciennes
colonies que sont la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion.
La même année, il devient maire de Fort-de-France. Sans cesse plébiscité par les Foyalais, il occupera ce poste pendant plus d’un demi-siècle, marquant la première ville de la Martinique d’une
empreinte indélébile.
Départements d’Outre-mer
Lorsque Césaire se présente à l’Assemblée nationale le 12 mars 1946, il place la République française devant ses responsabilités : « entre désintégration et intégration, il y a de
la place pour l’invention. Nous sommes condamnés à inventer ensemble ou à sombrer, et pas forcément pavillon haut », s’exclame-t-il. Une semaine plus tard, les départements
d’Outre-mer naissent officiellement et Césaire prend déjà sa place dans l’Histoire.
Fondation du Parti progressiste martiniquais
De l’immense bidonville hérité de la colonisation, Césaire fera une capitale digne de ce nom. « J’aime construire, j’aime bâtir. Nous, les Nègres qui avons beaucoup subi, devons
apposer notre empreinte sur la civilisation universelle », martèle l’écrivain. En 1956, année de l’invasion de Budapest par les chars de l’Armée rouge, il dénonce « la rude
main de Staline » et met un terme à son engagement au PCF. Décidé à forger chez les Martiniquais une conscience libre et citoyenne, il fonde deux ans plus tard le Parti progressiste
martiniquais (PPM).
L’écrivain
L’action politique de Césaire, poète et essayiste engagé, se retrouve dans ses écrits. Il entamera très tôt un long réquisitoire contre l’exploitation coloniale, le racisme et l’absence de
développement qui en découlent. Avec le Discours contre le colonialisme en 1950, il œuvre pour le réveil des identités culturelles, la dignité humaine et la responsabilité historique des
peuples. Il dénonce l’oppression exercée par l’Occident sur le Tiers-Monde. En 1941, il fonde à Fort-de-France la revue Tropiques, aux côtés de René Ménil et d’Aristide Maugée.
Une logique universelle
Avec le concept de Négritude, Aimé Césaire inscrit son discours dans une logique résolument universelle. Il réaffirme à tous les déracinés et descendants d’esclaves la grandeur de la
civilisation africaine qu’il veut source de fierté pour tous les Noirs.
En 1939 déjà, avec Cahier d’un retour au pays natal, il amorce sa quête identitaire et pousse « un grand cri nègre ».
L’ouvrage deviendra une source de référence incontournable pour tous les intellectuels des diasporas noires dans les décennies qui suivront. Subjugué par l’universalité de Césaire et par sa
poésie surréaliste, l’écrivain français André Breton l’édite et le préface.
La quête de l’imaginaire
Dans une langue irréprochable, enrichie par des expressions issues de l’univers caribéen, la poésie de Césaire s’affirme dans un style qui fascinera également Jean-Paul Sartre. Pour l’écrivain
martiniquais, « la quête surréaliste permet de descendre au plus profond de soi-même et de libérer l’imaginaire du carcan de la langue ». De manière générale, il affirme que
« la poésie est la réappropriation de nous par nous-mêmes ».
L’homme de théâtre
Césaire politique, Césaire poète, mais aussi Césaire homme de théâtre. A partir des années soixante, il rédige différentes pièces dans lesquelles l’émancipation, l’Afrique et le héros noir sont
au centre de ses préoccupations. Avec La tragédie du roi Christophe (1963), Une saison au Congo (1965) ou encore Une tempête (1970), il s’impose comme un dramaturge internationalement
reconnu.
Insatiable combattant
Traduits dans de nombreuses langues, les ouvrages d’Aimé Césaire sont depuis longtemps l’objet de colloques et de conférences. L’Unesco lui a ainsi rendu un vibrant hommage en 1997. Apre
défenseur de la Négritude, insatiable combattant pour la désaliénation des peuples, le poète est celui de « la Fraternité universelle », pour reprendre une expression de Senghor.
Figure de proue pour de nombreux auteurs contemporains, Aimé Césaire a défriché le terrain sur lequel est née la créolité d’une nouvelle génération d’auteurs, à l’instar de Patrick Chamoiseau
et de Raphaël Confiant.
Principaux ouvrages
- Cahier d’un retour au pays natal, Présence africaine, Paris, première édition en 1939.
- Les armes miraculeuses, Gallimard, Paris, 1946.
- Soleil cou coupé, Edition K, Paris, 1948.
- Corps perdu, Editions Fragrance, Paris, 1949.
- Discours sur le colonialisme, Editions Réclame, Paris, 1950. Réédité par Présence africaine en 1956.
- La tragédie du roi Christophe, Editions Présence africaine, Paris, 1963.
- Une saison au Congo, Editions du Seuil, Paris, 1965.
- Moi, Laminaire, Editions du Seuil, Paris, 1982.
- Nègre je suis, nègre je resterai (entretiens avec Françoise Vergès), Editions Albin Michel, Paris, 2005.
Source de l'article : RFO
AIME CESAIRE PARLE DE L. S. SENGHOR
Définition du mot "égalité" selon Aimé Césaire
Aimé Césaire - Discours sur l'identité antillaise
Aimé Césaire, un nègre fondamental
Aime Cesaire- Black History Month
Hommage à Aimé Césaire
Aimé Césaire was born in Basse-Pointe, Martinique. In 1913, he traveled to
Paris to attend the Lycée Louis-le-Grand on an educational scholarship. In Paris, Césaire, who in 1935 passed an entrance exam for the École normale supérieure, created, with Léopold Sédar Senghor and Léon Damas, the literary review L'Étudiant Noir (The Black Student) which was a
forerunner of the Négritude movement. In 1936, Césaire began work on his book-length poem Cahier d'un retour au pays natal - Notebook of a Return to My
Native Land - (1939), a vivid and powerful depiction of the ambiguities of Caribbean life and culture in the New World and this upon returning home to Martinique.
Césaire married fellow Martinican student Suzanne Roussi in 1937.
Together they moved back to Martinique in 1939 with their young son. Césaire became a teacher at the Lycée Schoelcher
in Fort-de-France, where he taught Frantz Fanon and served as an inspiration for, but did not teach, Édouard Glissant. He would become a heavy influence for Fanon as both a mentor and a contemporary throughout Fanon's short
life.
The years of World War II were ones of great
intellectual activity for the Césaires. In 1941, Aimé Césaire and Suzanne Roussi founded the literary review
Tropiques, with the
help of other Martinican intellectuals like René MénilAristide Maugée, in order to
challenge the cultural status quo and alienation that then characterized Martinican identity. Many run-ins with censorship did not deter Césaire from being an outspoken defendant of Martinican
identity. He also became close to French surrealist poet André Breton, who spent time in
Martinique during the war. Breton contributed a laudatory introduction to the 1947 edition of Cahier d'un retour au pays natal, saying that "this poem is nothing less than the greatest
lyrical monument of our times." ("ce poème [n'est] rien moins que le plus grand monument lyrique de ce temps").
In 1945, with the support of the French Communist Party, Césaire was elected mayor of Fort-de-France and députéFrench National Assembly for Martinique. He was one of the principal drafters of the 1946 law on departmentalizing
former colonies, a role for which independentist politicians have often criticized him.
Like many left intellectuals in France, Césaire looked in the 1930s and 1940s toward the Soviet Union as a source of human progress, virtue,
and human rights, but Césaire later grew disillusioned with Communism. In 1956, after the invasion of Hungary by the
Soviet Union, Aimé Césaire announced his resignation from the French Communist Party in a text entitled Lettre à Maurice Thorez. In 1958 he founded the Parti Progressiste Martiniquais. In 1960, he published Toussaint Louverture, based upon the life of the Haitian
revolutionary. He retired from politics in 2001.
In 2006, he refused to meet the leader of the Union for a Popular Movement (UMP), Nicolas Sarkozy, then a probable contender for the 2007 presidential election, because the UMP had voted for the February 23, 2005 lawAlgerian War.
President Jacques Chirac finally had the controversial law repealed[1]. asking teachers and textbooks to "acknowledge and recognize in particular the positive role of the French presence abroad,
especially in North Africa", a law considered by many as a eulogy to colonialism and French actions during the
His writings reflect his passion for civic and social engagement. He is the author of Discours sur le colonialismePrésence
Africaine. In 1968, he published the first version of Une Tempête, a radical adaptation of
Shakespeare's play The Tempest for a black
audience. (Discourse on Colonialism) (1953), a denunciation of European colonial racism which was published in the French review
Martinique's airport at Le Lamentin was renamed
Martinique Aimé Césaire
International Airport on January 15, 2007.
From April 9, 2008, he had serious heart troubles and was admitted to Pierre Zobda Quitman hospital in Fort-de-France. He died on April 17,
2008.
Source : Wikipedia
Admiral T feat Kassav FOS A PEYI LA
« Le crayon de Dieu
lui-même n'est pas sans gomme. »
[ Aimé Césaire ] - Une saison au Congo